Mister Earth : Monsieur Delamarre bonjour.
Anthony Delamarre : Bonjour.
M.E : Pouvez vous vous présenter brièvement?
A.D : Je suis maitre de conférences de l’université d’Angers depuis septembre 2008. Ça fait cinq ans que j’enseigne à l’ISTIA, d’abord dans le cadre de mes trois années de thèse puis deux années en tant qu’attaché temporaire d’enseignement et de recherche. J’enseigne dans le cadre du master innovation technologique et de l’école d’ingénieur pour toute la partie conception de produit, innovation et veille technologique.
M.E : Quel a été votre parcours en tant qu’étudiant ?
A.D : Ça démarre en fait à l’IUT de Nantes où je me suis spécialisé en
science et génie des matériaux. J’y ai appris la mise en forme de matériaux, les procédés, la caractérisation des matériaux dans le but de concevoir des produits. Donc je me suis orienté vers la conception relativement vite vis à vis de mes différents stages. Et c’est en cela que j’ai été amené à faire
l’IUP en spécialité innovation technologique et un
DESS innovation technologique et union européenne à l’université d’Angers. Suite au DESS on m’a proposé de faire une thèse dans l’équipe innovation et c’est comme ça que j’ai exercé ma première expérience professionnelle à devenir enseignant chercheur.
M.E : Quel genre d’étudiant étiez vous ?
A.D : Un étudiant relativement discret en fait, assez impliqué dans la vie étudiante. Je n’étais pas le dernier à faire la fête mais avec un sérieux et un travail qui étaient là. C'est-à-dire que j’ai rarement séché les cours et j’avais une démarche vis-à-vis des enseignants qui suivait assez le cadre de l’école. J’étais un peu la personne qu’on remarquait au bout d’un moment parce que très sympathique avec tout le monde, je ne me suis encore jamais fâché avec qui que se soit à l’ISTIA. Voilà, plutôt quelqu’un d’organisateur et puis de coordinateur que se soit entre les étudiants ou les enseignants.
M.E : Quels conseils nous donneriez vous à nous étudiants ?
A.D : Le conseil que je pourrais donner par rapport aux études c’est d’avoir une curiosité mais sur tous les fronts, à la fois sur ce qu’on peut vous enseigner mais aussi sur tout ce qui se passe à côté. La vie étudiante est une vie assez sympathique, moi c’est une période de ma vie que j’ai forcément apprécié avec les fêtes, les apéros, toutes les fois où on refaisait le monde avec les collègues de la fac… Donc profitez bien de tous ces aspects là en essayant de préparer votre avenir. Ayez un objectif clair et dites vous que tout l’investissement que vous faites, vous ne le faites pas pour rien mais c’est pour devenir des professionnels dans un milieu dans lequel vous aller vous éclater.
M.E : Quelles ont été vos différentes expériences dans le monde du travail ?
A.D : Mon expérience professionnelle s’est faite à la fois à travers mes recherches et mes stages plus quelques boulots à côté pendant les deux mois d’été pour payer mes études. Ma première expérience professionnelle s’est faite dans une grande administration, qui est la
Poste, en tant que manutentionnaire. J’ai eu l’occasion de soulever des paquets de courriers à Nantes, (parce que je suis nantais d’origine). Ensuite les choses sérieuses ont commencé dans une petite PME de la région nantaise où j’ai fait de l’usinage grande vitesse de polycarbonate. J’ai réglé une machine à bois pour pouvoir usiner en grande vitesse du plastique un peu particulier : ça correspondait à quelque chose entre le bureau des méthodes et la production. C’était une petite expérience de dix semaines mais très enrichissante. Ensuite il y a eu la phase licence où là pendant cinq mois j’ai travaillé chez
ARMOR-Nantes pour concevoir leur première cartouche laser couleur. C’était du recyclage de cartouches lasers. À l’époque, il y a dix ans, c’était ultra révolutionnaire dans le domaine. J’ai travaillé dans du
reverse engineering: il fallait comprendre comment les cartouches d’imprimantes marchaient et comment on pouvait les recycler. Donc là ça correspondait à de la recherche et développement pure. En maitrise j’ai fait un stage de trois mois pendant lequel j’ai aidé une personne qui faisait sa thèse dans le domaine de l’impression de journaux et autres impressions de grande série. J’ai participé à un protocole de recherche pour déterminer quels étaient les paramètres influents sur des machines liés à des problèmes d’impression. Donc là il fallait récupérer les paramètres machine, des échantillons et puis travailler sur les problèmes d’impression afin de les résoudre. J’ai aussi fait un stage de fin d’études pendant six mois au
commissariat d’énergie atomique à Cadarache où j’ai intégré la cellule de propriété intellectuelle pour, d’une part, bâtir leur processus de sensibilisation et de formation des chercheurs à la propriété intellectuelle et, d’autre part, pour une mission d’aide au dépôt de brevets pour les chercheurs de Cadarache dans le domaine nucléaire. C’était une très bonne expérience dans le domaine de la recherche pointue ultra stratégique, et très intéressant d’un point de vue innovation et conception. Ensuite j’ai enseigné avec la thèse et là j’ai eu l’occasion de travailler avec l’entreprise
Rossignol SA. Pendant près de deux ans et demi je suis intervenu à mi-temps dans l’entreprise pour structurer un projet d’innovation autour de produits concepts. Là ça correspondait vraiment à la vie d’une cellule d’innovation avec pour sa mise en place une importante phase de recherche de documentations. Et puis dans mes recherches, depuis ma thèse, j’ai travaillé plus particulièrement avec deux entreprises pour la mise en place de cellules d’innovation avec des méthodes différentes… Plus, évidemment, tous les contacts avec une bonne vingtaine d’entreprises dans le cadre du suivi des projets d’étudiants en master.
M.E : Aujourd’hui vous êtes professeur à l’ISTIA, pouvez vous nous parler un peu plus de vos activités à l’ISTIA ?
A.D : En gros je dirais qu’il y a trois pôles : il y a un pôle enseignement, un pôle recherche et un pôle administratif. Pour le pôle enseignement c’est ce qui est le plus visible vis-à-vis des étudiants. Ce sont les cours en EI2, EI3, Master 1 et Master2. Il faut savoir aussi que j’enseigne un petit peu à l’extérieur, dans une école d’ingénieur de La Rochelle, à l’ENSAM d’Angers et en faculté de pharmacie pour un master 2 de nutrition-santé où ils conçoivent des produits. J’enseigne aussi aux enseignants-chercheurs de l’université d’Angers sur les méthodes de créativité. Globalement les trois matières d’enseignement sont la conception de produits, la créativité et la propriété intellectuelle. Pour la partie administrative, je suis responsable des masters 2 innovation technologique et information stratégique. Je gère leur emploi du temps, les différents stages… Plus tout ce qui entourent la vie d’un responsable d’étude d’une formation qui a entre 16 et 24 étudiants chaque année, c’est à dire être en contact avec les étudiants, régler les problèmes quand ils se posent, gérer les intervenants, leur venue, le contenu des cours,… Et puis il reste une partie, qui n’est pas des moindres, qui est la partie recherche. Je suis chercheur de l’université et je travaille avec des entreprises sur des domaines de conception et notamment sur l’organisation et la structuration des activités d’innovation où on met en place un certain nombre de programmes de recherche avec des nouvelles méthodes d’innovation à tester en entreprise pour essayer de voir quelles sont leurs performances. Ca donne lieu à des projets industriels et derrière de la valorisation par des publications, des communications dans le domaine scientifique (conférences,...).
M.E : Il y a une question qui me taraude : Marcel, c’est quelqu’un de votre famille ?
A.D : (Rires) Non, Marcel n’est pas quelqu’un de ma famille. C’est un des prénoms que je ne trouve quasiment plus dans les promotions et donc, pour l’exercice, j’évite de prendre un prénom qui tombe dans la promotion. Je le prends évidemment un peu rigolo, un peu ancien histoire de vous faire réagir aussi. Et Marcel je pense que ça vient surtout de Marcel et son orchestre qui est un groupe qui me fait énormément rire. Marcel est quand même avec Michel le prénom qui, moi dans ma culture et dans ce que je connais, font partie des deux prénoms qui font rire un peu tout le monde. Le but est un peu d’amener un prénom décalé au niveau de cet exercice là pour bien montrer qu’on va travailler dans le décalé.
M.E : Vous faites cet exercice de créativité à tous vos étudiants ?
A.D : Quasiment tous oui. Tous ceux qui m’ont en créativité. Je le fait même aux enseignants-chercheurs parce que je trouve que cet exercice montre bien les principaux mécanismes de la créativité. C’est en travaillant cet exercice qu’on arrive à voir et à maîtriser le potentiel créatif des différentes personnes et moi c’est quelque chose auquel je tiens. La créativité souvent nait d’un groupe et de l’écoute et c’est un exercice qui oblige à ça. C’est un exercice que j’aime pratiquer de façon répétitive et récursive dans les cours à n’importe quel niveau que se soit d’ailleurs.
M.E : Trouvez vous que vos étudiants sont assez créatifs ?
A.D : Oui, ils arrivent encore à m’étonner. Même dans les copies que j’ai juste devant moi là…Oui évidemment que les étudiants arrivent à me surprendre sinon je me remettrais en cause vis-à-vis de mes enseignements. Après c’est toujours difficile d’être en créativité dans une école telle que l’ISTIA où on a des étudiants qui se demandent qu’est ce qu’attend l’enseignant vis-à-vis de ce qu’ils doivent lui remettre. Moi j’attends vraiment d’être surpris par vos propositions. C’est même très compliqué pour moi vis-à-vis de mes évaluations puisque ça pose le problème : comment peut-on évaluer une solution par rapport à une autre ? Vous êtes notés sur cinq points pour l’évaluation de vos fiches idée et il y a des fois où je me dis est ce que ce n’est que ma perception ? Il y a des critères qui nous permettent quand même de faire les choses à peu près cadrées mais il y a quand même des choses qui ne sont pas faciles à noter. Donc maintenant je note beaucoup la démarche et puis la capacité de l’étudiant à sortir un petit peu de son cadre.
M.E : Quelles recommandations donneriez vous pour qu’on le devienne d’avantage ?
A.D : Bah les recommandations que je donne dans mes cours (rires)…C'est-à-dire toujours être à l’écoute, avoir des sources d’inspiration les plus diverses possible, avoir une curiosité vraiment active, toujours vouloir comprendre pourquoi c’est possible mais pourquoi c’est impossible aussi, essayer d’aller à fond dans ses idées, croire en ses idées et croire en soi donc faire un petit peu de développement personnel. Et à la fois améliorer votre imagination par vos sources d’inspiration et améliorer vos capacités à développer vos propres idées et les défendre vis-à-vis d’un public.
M.E : Un génie vous propose d’exaucer trois vœux, que lui demanderiez-vous ?
A.D : Haha ! Ca demande réflexion…C’est toujours le puits sans fond en fait, c'est-à-dire qu’à la limite le premier vœu serait qu’il y ait un génie de son espèce qui vienne me voir à peu près toutes les semaines. Ça serait le premier vœu ce qui me permettrait toutes les semaines de pouvoir tester et remettre en cause ce que j’ai demandé. Après je lui demanderais des choses simples comme le bonheur dans la vie privée et personnelle. Par exemple le fait de continuer d’avoir l’envie de venir à la fac pour faire ce que je fais parce que je suis encore quelqu’un qui vient au boulot avec beaucoup d’envies et beaucoup de plaisir à former les étudiants.
M.E : Pour vos vacances vous êtes plus campagne, montagne ou bien plage ?
A.D : Les trois en petites doses. J’ai quand même une petite préférence pour la mer, peut être pas le côté plage mais plutôt le côté sauvage. Je suis breton d’origine et j’ai du mal à faire un mois sans aller voir l’océan. Mais c’est pareil, c’est comme mes approches créatives, j’aime bien changer selon mes humeurs et je trouve que chaque endroit a son charme. S’il fallait hiérarchiser je dirais mer, montagne et campagne.
M.E : A quelle époque auriez vous aimé vivre et pourquoi?
A.D : Non je pense qu’on est bien dans l’époque actuelle. Maintenant en terme de volonté, j’aimerais bien vivre dans dix, vingt, trente ans pour savoir comment les choses vont évoluer. Je pense que c’est quelque chose qui fait aussi que je sois concepteur : j’aimerais toujours avoir une vision d’avance sur les autres…après ce n’est pas forcément le cas…mais oui j’aimerais bien vivre dans trente ans pour voir quelle est l’impact de tout ce qu’on va faire.
M.E : Vos loisirs sont plus culturels, sportifs ou bien…cool Raoul ?
A.D : Culturels et sportifs. Je suis président d’une grosse association sur Nantes qui est une amicale laïque et qui est une association culturelle et sportive proposant à la fois beaucoup de sections sportives dont le tennis et la natation que je pratique. Je tâte un peu la balle et je nage beaucoup. Pour la culture c’est quelque chose qui est vraiment important surtout au niveau musical. Je suis énormément la scène de l’Ouest et la scène française en général sur les petits concerts de type
Chabada,
Olympic, dans les caves type
t’es Rockoco…plus tout ce qui va être les festivals d’été type «
couvre feu » à Corsept que j’affectionne plus particulièrement, même s’ils sont en difficulté en ce moment… et
les vieilles charrues qui est devenu traditionnel maintenant depuis une dizaine d’années à
Carhaix. C’est là que se trouvent mes origines bretonnes donc en même temps j’en profite pour aller me ressourcer.
M.E : Quel est le dernier film que vous avez vu au cinéma ?
A.D: Le film des
frères Cohen,
Burn after reading. Et bizarrement je n’ai pas trouvé ça grandiose. En fait je m’attendais à quelque chose de déjanté, ça l’est mais je ne sais pas…ça m’a étonné et finalement j’en suis ressorti en me disant : est ce que j’ai aimé ou pas aimé ? J’étais incapable de répondre à la question. J’étais assez surpris par les personnages et le scénario, par exemple je trouve que Brad Pitt fait un truc assez formidable dans ce film…mais on ne peut pas dire que se soit un film qui restera dans mes annales du cinéma (rires). Après c’est de la perception pure et dure mais je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, je ne le conseillerais ni le déconseillerais à personne.
M.E : Quel genre de film préférez-vous ?
A.D : J’ai du mal à définir un genre…personnellement je trouve que les films de
Tim Burton par exemple me plaisent plus particulièrement. Même ce qu’a fait
Jeunet avec
La citée des enfants perdus, ça permet d’avoir une vision particulière sur un imaginaire particulier aussi… bon je pense que c’est lié aussi à la créativité mais c’est ce genre de films, comme
L’étrange noël de monsieur Jack de
Tim Burton, qui apporte vraiment quelque chose de particulier en terme esthétique et en terme de scénario. C’est vraiment là-dedans que je m’éclate le plus au cinéma. En plus le cinéma c’est quelque chose d’un peu immersif donc du coup quand je vais voir ce genre de films j’aime bien. J’aime aussi le côté social de type
Ken Loach qui apporte une vision anglo-saxonne sur le social.
M.E : Quel chanteur auriez vous aimé être ?
A.D : Ah ! (rires)… Ca c’est une excellente question…j’ai peur d’y répondre (rires). Je pense à une personne comme
Till, alors peut être que personne ne va connaitre, il est le chanteur de
Guérilla Poubelle. C’est quand même quelqu’un qui est assez impressionnant parce qu’il y a dix ans quand moi j’avais dix huit ans et lui aussi et qu’il faisait du punk rock assez énervé avec une démarche artistique très particulière, on aurait jamais cru que dix ans après ça aurait fait des petits comme ça l’a fait tel que sur
la Guérilla Asso. D’ailleurs si quelqu’un fait de la veille sur ma voiture il verra que j’ai collé leur autocollant (rires)… Donc le fait d’avoir réussi sur la durée sur un côté qui n’est pas facile : le punk-rock énervé, ça marche un temps et au bout d’un moment les gens se lassent. Pourtant il a su rebondir, faire évoluer son truc et surtout organiser tout un réseau de chanteurs,… Il y a toute une démarche derrière d’accès à l’expression scénique qui est intéressante. Du coup ça a donné des groupes que se soit du punk, du ska et même un peu à la limite du métal... Ce sont des choses que je trouve intéressantes parce que c’est vraiment quelqu’un qui a eu une démarche…Voilà je pense qu’il y en a certainement d’autres…si je devais en citer un autre ça serait peut être
Fredo des Ogres de Barback. C’est peut être moins énervé, même si quand on écoute un peu les chansons des fois ce n’est pas si sûr. C’est une des personnes que j’affectionne plus particulièrement, pareil pour sa démarche, … qui font que je l’apprécie.
M.E : Quel a été le plus beau jour de votre vie ?
A.D : Oulah ! Alors là c’est très difficile à dire…C’est difficile de dégager un jour en particulier. Je pense que s’il y avait un fait marquant dans ma vie c’est quand même la soutenance de thèse qui évidemment a été un tournant dans ma vie. J’ai eu une certaine reconnaissance, pour moi c’était aussi tout un contexte personnel et psychologique qui fait qu’il y a eu vraiment un changement à ce moment là. C’était un beau moment où j’avais réussi quand même à réunir à la fois le côté personnel et le côté professionnel. Ca fait partie des beaux moments à vivre.
M.E : Qu’est ce qui vous fait le plus rêver ?
A.D : Ce qui me fait le plus rêver? La musique tout simplement. C’est vraiment quelque chose qui fait partir mon imaginaire et qui fait partir mon rêve. Alors ça me fait rêver de façon diverse mais…je trouve une respiration dans la musique que je ne trouve pas ailleurs.
M.E : A votre retraite, dans longtemps bien sûr
, comment vous voyez vous ?
A.D : Alors…j’ai du mal à me voir en retraite…actif ça c’est sûr parce que j’ai toujours été hyperactif, donc avoir quinze trucs sur le feu en même temps. Je pense que l’éducation, l’enseignement et l’organisation de la citoyenneté en général resteront en moi jusqu’à ma retraite parce que ça me tient à cœur. Je me vois dans des associations d’éducation populaire ou dans des associations d’anciens professeurs.
M.E : Pour finir, pouvez vous nous raconter une petite blague ?
A.D : Alors il faut que j’en trouve une intéressante surtout qu’en ce moment il y en a pleins qui circulent mais je les retiens très très mal…On peut partir sur les jeux de mot débiles, ça va rendre rien par écrit donc je verrai votre créativité sur la façon de la rendre… Bali Balo sont dans un bateau, Bali
tombe à l’eau, qu’est ce qui tombe ?
M.E : euh…bah Bali !
A.D : Et bah non ! C’est les cheveux !
M.E : les cheveux ?!?
A.D : Et oui ! Parce que Bali
tond Balo !
M.E : AAAAh !
A.D : (Rires) Celle-ci généralement les gens tombent dedans.
M.E : Je vous remercie d’avoir répondu à nos questions. A bientôt sur planète-istia!